ROYAUME DU MAROC
Ministère de l’Energie,des Mines,de l’Eau et de l’Environnement
Département de l’Environnement
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Zone d’intervention
Les oasis sont situées dans des régions à très faible pluviométrie, identifiées comme arides.Leurs ressources en eau locales sont donc peu renouvelées ; elles sont constituées soit par les eaux qui s’écoulent en surface, qui proviennent de régions montagneuses éloignées, recevant plus de pluie, soit par les eaux souterraines provenant principalement de l’infiltration des eaux de surface, mais provenant très peu des infiltrations naturelles de la pluie, en raison, rappelons-le, du caractère aride du climat.
Les écoulements d’eau en surface sont caractérisés par une grande irrégularité interannuelle et annuelle : d’une année à l’autre les volumes d’eau qui s’écoulent en surface peuvent changer dans des proportions de 1 à 100, et au courant d’une année les plus grands volumes de ces écoulements se produisent pendant les crues, qui ne durent que quelques jours. En raison de cette caractéristique la mobilisation des eaux de surface s’est faite depuis longtemps par épandage de crues, qui ne permettent de récupérer qu’une faible proportion des eaux écoulées, en raison des moyens rudimentaires utilisés. Mais, depuis une quarantaine d’années l’aménagement de barrages a permis d’améliorer considérablement cette mobilisation.
Les eaux souterraines sont contenues principalement dans des nappes phréatiques situées généralement le long des vallées et caractérisées par leur faible étendue et leur dépendance directe des aléas climatiques. Elles jouent un rôle fondamental pour le développement des oasis car faciles à mobiliser.
Avec une superficie de 115.563 km2 et un débit moyen de 25 m3/s, la région oasienne représente environ 4% des ressources en eau superficielles du Maroc et 5,7% des ressources globales.
Ce taux reste faible et ne couvre que 70% des besoins de la région et en particulier, du secteur agricole qui demeure le plus grand consommateur de cette ressource vitale avec des besoins de l’ordre de 1,600 milliard de m3/an (96,7% de l’ensemble des besoins de oasis marocaines).
Pour ce qui est des autres secteurs économiques, les besoins en eau du tourisme sont de l’ordre de 4,6 Millions de m3 par an, alors que les activités liées à des petites PME notamment l’artisanat et les services ont besoin de quelque 5,88 millions de m3 par an, sans oublier les besoins domestiques estimés à 44 Millions de m3 par an.
La hausse des besoins en eau a engendré donc une situation de pénurie en cette ressource vitale dans les régions oasiennes marocaines qui est due à plusieurs facteurs qui ne sont pas uniquement liés à la sécheresse.
La pénurie des ressources hydrauliques constitue ainsi un enjeu majeur pour les régions oasiennes qui s’explique d’abord par la nature géographique de ces zones à savoir le milieu désertique mais également par la croissance démographique accélérée et la modernisation des structures de l’économie.
Ces régions connaissent un déséquilibre entre l’accroissement de la population et les ressources en raison notamment de l’absence d’un ajustement entre la capacité du milieu et le peuplement.
Aujourd’hui, la pénurie d’eau dans les oasis est en voie d’aggravation rapide d’autant plus que la zone oasienne qui dépend entièrement des lâchers du barrage Hassan Eddakhil connaît une multiplication des pompages ce qui conduit inéluctablement à la réduction des apports au barrage.
Ce contexte de recul hydrique dans la région oasienne qui a commencé en 1996 a eu une double conséquence à savoir l’affaiblissement des arbres et la prolifération du bayoud et le développement de la culture céréalière qui occupe plus de la moitié des terres agricoles, dans des conditions notoirement anti-économiques, de même que cette pénurie a déclenché un processus de gâchis croissant de la ressource au lieu d’économie.
Cette situation alarmante de gâchis et d’anarchie s’explique en particulier par la course aux pompages et l’accroissement de la puissance des pompes surtout que le secteur agricole qui joue un rôle primordial dans l’économie de ces régions dépend de l’irrigation dans ses différents types (moderne et traditionnel).
Perspectives
La pénurie d’eau dans les oasis marocaines risque de perdurer à l’horizon 2020 avec des besoins de l’ordre de 1528,8 Millions de m3, contre 1329,6 Millions de m3 mobilisés, soit un déficit de 199,2 Millions de m3 (87% des besoins).
Le déficit le plus important devrait être enregistré à Guelmim (-71,4 Millions de m3), avec 92,1 Millions de m3 mobilisés en 2020 (56% des besoins).
Le Draâ présenterait quant à elle un déficit de 77,3 Millions de m3 en 2020, soit une couverture des besoins à 88%, alors que le Ziz connaîtrait un déficit de 49,3 Millions de m3 en 2020 (90% des besoins contre 82% pour Figuig).
Face à cette situation préoccupante, il est nécessaire d’encourager certaines pratiques valorisant l’économie d’eau notamment dans le secteur agricole qui constitue le principal consommateur de cette denrée à travers notamment le recours à l’irrigation localisée (le goute à goute), l’encouragement des pratiques collectives d’irrigation et la promotion du rôle des Associations des usagers des eaux agricoles (AUEA) dans le processus de gestion de la ressource, tout en incitant la population à changer les mentalités en la sensibilisant à l’importance d’une gestion rationnelle des ressources en eau.











