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Desertification

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Au Maroc, le phénomène de désertification affecte de grandes étendues et est d’autant plus prononcé que le climat est aride avec des cycles de plus en plus long de sécheresse et que les sols sont pauvres et très vulnérables à l’érosion. De plus, la précarité des conditions de vie des populations rurales les pousse à surexploiter les ressources naturelles pour satisfaire leurs besoins croissants, ce qui amplifie davantage la dégradation des milieux, notamment des territoires oasiens du Sud marocain.

La dégradation, puis la perte et enfin l’abandon d’oasis entières, est devenu malheureusement une réalité remettant en question la formidable barrière écologique contre la désertification que représentait le chapelet des oasis du sud marocain, depuis les territoires atlantiques de Guelmim, jusqu'aux zones désertiques orientales des hauts plateaux de Figuig. L’avancée du désert bénéficie ainsi de la rupture du front, chaque oasis abandonnée devenant une porte grande ouverte où peut s'engouffrer sable et aridification.

Ampleur du phénomène

L’ampleur du phénomène de la désertification peut également être appréciée en fonction du taux de régression du couvert végétal forestier, de l’érosion hydrique, du niveau d’ensablement, de la salinisation des eaux et de la remontée de la nappe.

En fait, la régression du couvert végétal forestier atteint 31.000 ha /an et elle est due essentiellement à la récolte excessive de bois d’énergie, au surpâturage, aux défrichements pour la recherche de nouvelles terres de cultures, aux incendies qui détruisent près de 3.000 ha/an et à l’urbanisation qui ronge continuellement l’assiette foncière forestière principalement dans les régions côtières pour des fins d’habitats ou touristiques.
Quant à l’érosion hydrique, elle est jugée intense avec des dégradations spécifiques dépassant 2.000 T/Km2/an dans les versants du Rif au Nord du Maroc, entre 1.000 et 2.000 T/Km2/an dans le pré-Rif, entre 500 et 1.000 T/km2/an dans les Moyen et Haut Atlas et moins de 500 T/Km2/an dans les autres régions.
Dans les régions du Sud et de l’Oriental du pays, l’ensablement dû à l’érosion éolienne constitue l’une des principales manifestations de la désertification. En effet, des dizaines de petites retenues et des centaines de seguia sont mises hors d’usage après seulement une courte période de fonctionnement sous l’effet de l’ensablement. Dans ces mêmes régions, des agglomérations rurales, des palmeraies et des voies de communications souffrent également de ce phénomène.
Le problème de la salinisation des eaux et de la remontée de la nappe touche presque tous les grands périmètres irrigués. Dans les seules provinces de Zagora et d’Errachidia, il est estimé que 22.000 hectares de terres irriguées et 5 millions d’hectares de terrains de parcours sont touchés par la salinisation qui y conjugue ses effets avec ceux de l’ensablement.

Le changement climatique en cours au niveau de l’ensemble de la planète ne milite guère en faveur d'une amélioration de la situation, mais bien plutôt comme le prédisent des centaines de scientifiques, par une dégradation des situations climatiques avec accentuation des effets altéragènes là où ils sont déjà présent naturellement.





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