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Le phénomène de la migration dans la région oasienne a un caractère traditionnel d’autant plus qu’il a commencé à partir de années 20 sous l’ère du colonialisme français.

Cependant, il y a lieu de distinguer entre deux types de flux migratoires dans cet espace, d’abord la migration interne qui se présente sous trois formes (saisonnière, temporaire, définitive) ensuite la migration internationale qui s’est consolidée durant les années 60 et 70.

Migration interne

Concernant la migration interne, les premiers flux de l’émigration saisonnière ont commencé à partir des années 20 lorsque les populations du sud ont commencé à migrer vers les plaines marocaines (Doukkala, Chaouia, Tadla et Saïs) pour l'extension de la céréaliculture et le développement de l’arboriculture (Tadla, Saïs, Rharb et région de Casablanca) en raison de la forte demande en main d’œuvre suite au lancement par la France colonisatrice de la viabilisation de ces plaines. Ce type de migration reste lié aux calendriers agricoles et a un caractère provisoire entre 1 et 3 mois en général.

Pour ce qui est de l’émigration temporaire qui est d’une durée plus longue par rapport à celle saisonnière, elle a concerné au début une population de paysans qui ont d’abord trouvé du travail dans l’agriculture avant de s’orienter vers le bâtiment et de migrer vers les villes (Casablanca, Meknès, Fès, Marrakech et Agadir). Cette forme de migration est très fréquente dans les palmeraies du sud avec des départs temporaires vers l’intérieur plus nombreux.

Concernant l’émigration définitive, elle suit généralement la persistance de la sécheresse ou l’avènement des catastrophes naturelles comme les inondations. Les départs massifs dans la région oasienne ont été enregistrés après les crises de 1929 et de 1946.

Migration internationale

La région oasienne connaît également un deuxième type de migration à savoir la migration internationale qui a commencé vers les années 30 avec l’arrivée en France des premiers flux originaires de l’oasis de Figuig pour travailler dans le secteur minier.

Cependant, il a fallu attendre la fin des années 60 pour que ces flux prennent de plus en plus d’ampleur avec l’arrivée en Europe notamment en Belgique, en Allemagne et aux Pays Bas de nouvelles vagues de migrants originaires des oasis marocaines.

Mouvements migratoires

Par ailleurs, l’analyse des mouvements migratoires démontre que contrairement à l’extrême ouest (les cercles de Guelmim, Assa et Bouizakarne) qui constitue un espace d’accueil et attire la population, les autres régions oasiennes n’offrent pas les conditions pour la stabilité de la population.

Ainsi, huit types de mouvements migratoires peuvent être constatés au niveau des régions oasiennes dont le premier caractérise le cercle de Guelmim où les entrées sont supérieures aux sorties, grâce notamment à la disponibilité des ressources en eaux.

Le Type 2 enregistré au niveau du Cercle d’Assa se caractérise aussi par des entrées et des sorties qui ne sont pas d’une grande amplitude, alors que le Type 3 (cercle de Bouizakarne) enregistre de fortes entrées et de fortes sorties mais qui sont égales et constitue un espace migratoire relais vers les grandes villes de l’Atlantique.

Pour ce qui est des cercles d’Akka, Boumalne-Dadés, et Bni Tadjite (Type 4), les sorties sont supérieures aux entrées mais dans des proportions faibles en raison notamment des conditions économiques qui permettent d’entretenir un équilibre au niveau des opportunités de travail.

Dans les cercles de Zagora, Foum Zguid, Amerzgane, Igherm et Goulmima (Type 5), les sorties sont supérieures aux entrées même si les mouvements migratoires restent relativement modestes.

C’est au niveau des cercles d’Agdz, Erfoud et Errissani que les sorties deviennent de plus en plus importantes et les entrées enregistrent une baisse (Type 6). Dans ces espaces, les mouvements migratoires se font surtout vers l’extérieur de la zone, vers d’autres régions.

Le Type 7 caractérise, quant à lui, les cercles de Tata, et de Figuig, où les sorties sont dans des proportions beaucoup plus importantes, alors que les entrées modestes.

Les sorties les plus importantes sont enregistrées dans les deux grandes villes du Sud, Ouarzazate et Errachidia, ainsi que Tafraout (Type 8), en dépit des entrées qui sont beaucoup plus importantes par rapport aux types 4, 5 et 6.

Ainsi, Ouarzazate et Errachidia attirent de la population de leur hinterland et d’autres grandes villes du Maroc, à cause de l’importance de leurs activités administratives et de services. Les deux villes sont en même temps des espaces d’émigration vers d’autres zones où les opportunités de travail sont meilleures.

Soldes migratoires

L’amplitude des mouvements migratoires qui affecte le Sud marocain et particulièrement les oasis n’est pas aussi important qu’on le croit surtout que ces mouvements, sorties et entrées, ne dépassent en aucun cas plus de 2% de la population.

Mais il est important de souligner que la migration notamment internationale a des retombées économiques sur les oasis marocaines, par le biais des transferts des MRE qui représentent jusqu’à 60% de la masse monétaire qui circule dans la région et assurent par conséquent la survie économique de la région. Ces transferts sont notamment destinés à la création de projets économiques et l’entretien et la construction des logements et la consolidation des budgets familiaux contribuant ainsi à la lutte contre l’exode massif de la population.





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